Jacob "The Killer" Miller : Tenement Yard

Voici là une des plus belles productions de l'ère du Roots Rock Reggae. Une ère où Bob Marley se faisait connaître dans le monde entier, pendant qu'un certain Jacob dit "The Killer " Miller devenait un phénomène dans la Jamaique des années 70s.
Cet album est inconstablement un classique de cette période grâce à ses nombreux titres classiques mais aussi par le destin tragique de Jacob Miller, mort à 28 ans dans un accident de voiture en 1980.
Album
Jacob Miller est né le 4 mai 1952 en Jamaique dans les collines de Mandeville. Sa mère ne pouvant plus subvenir à ses besoins, il partira habiter à Kingston chez ses grands parents à l'âge de 8 ans , où il sera scolarisé dans un quartier de classe moyenne au bord de Trenchtown. C'est grâce à cette proximité de Trenchtown et des nombreux Sounds, qu'il découvrira le ska. Préférant écouter cette nouvelle musique avec ses amis plutôt que d'aller en cours, il s'entrainera à chanter. Un de ses amis, le chanteur "Al Campbell", le pousse à aller enregistrer ses chansons et l'emmène au Studio One de Coxsonne Dodd.

Jacob Miller n'a alors que 13 ans mais il commence déjà à enregistrer ses premiers titres : "Love is a Message" et "My Girl Has Left Me" sur le célèbre Nanny Goat Riddim. Par la suite il enregistrera un autre titre pour Bunny Lee "What More Can I Do?". Il décidera de faire une pause dans sa carrière musicale pour ne revenir qu'en 1974.

C'est donc en 1974 qu'il refera surface , notamment grâce à Augustus Pablo et son frère. Ces deux derniers tenaient un Sound System nommé "Rockers"; ils avaient déjà repéré Jacob lors de ses premiers enregistrements à Studio One et s'étaient promis un jour de l'enregistrer . Lorsque les deux hommes se rencontrent enfin , ils travaillent plus de 18 mois ensemble et sortent quelques-uns des plus beaux morceaux de Jacob : "Keep On Knocking", "False Rasta" ou encore "Who say Jah no Dread".
Fort de son expérience musicale, Jacob décide d'accélérer la cadence et d'enregistrer plus de titres. Il délaisse Augustus Pablo pour intégrer le "Inner Circle", un backing band de l'époque tenu par deux frères, les Lewis . Le groupe, récemment séparé de quelques-uns de ses membres partis créer Third World, accueille les bras ouvert Jacob. Les frères Lewis tombent très vite sous le charme de ce personnage et de sa bonne humeur légendaire.

C'est ensemble qu'ils produiront l'album "Tenement Yard" en 1976 . Cet album regroupe les plus gros hits de Jacob, dont le "Tenement Yard " où Jacob se plaint de la vie des immeubles sociaux mis à disposition par l'Etat: "Dreadlocks can't living ina tenement Yard "; on y retrouve aussi le terrible hymne à la Ganja "Tire Fi Lick Weed ina Bush", sans oublier le "Foward Jah Jah Children", tout simplement superbe . Ces titres sont aujourd'hui indispensables dans la discographie de tout bon sound system qui se respecte. On peut compter aussi sur le "All Night Till Day Light" qui remportera la deuxième place du Jamaican Festival Song, chanson un peu plus festive.

Jacob Miller était à l'apogée de son art quand il s'est éteint. Bob Marley lui même était le premier à dire qu'il était son chanteur préféré en Jamaique. Ils devaient d'ailleurs faire une tournée commune au Brésil , mais le destin en décidera autrement.
Cet album reste sa plus grande réussite et représente bien le Roots Rock Reggae de l'époque. Le fameux Chris Blackwell qui révéla Bob Marley au monde entier, avait tout de suite vu le potentiel en Jacob. Peut-être aurait-il pu avoir la même carrière, on ne pourra jamais le savoir.

Repose en Paix Jacob.
















