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La Philosophie Dread I Licious

Le son UK Garage en France

Après nous avoir tout donné lors du show avec Big Red des RaggaSonic à La Soule le samedi 5 janvier, Dread I Licious nous offre sa vision du monde, du son, de la vie...

Photos et texte par Hélène Ressayres

"C'était LA soirée underground de l'année!" C’est une Soule pleine à craquer qui a accueilli ce soir là un show UK garage, avec Dread I Licious aux platines et Big Red au mic.
"Une grande partie venait pour Big Red et certains ne me connaissaient pas du tout. Ils ont quand même été très réceptifs et cela montre que les gens commencent à capter ce son UKG".
Cela fait près de 7 ans que le DJ est dans le milieu du UKG. Initié par Chris Lockdown, c'est avec pugnacité qu'il s'affaire à promouvoir le mouvement.
"En Angleterre, il y a a une véritable tradition UKG qu'il n'y a pas en France. On est pas beaucoup dans le milieu , on se connait tous mais malheureusement on est pas beaucoup en contact".
Une réalité qui n'aide pas le UKG à survivre sur la scène électro française. Il faut dire que l'hexagone n'est pas le meilleur foyer pour les artistes undergrounds et indépendants.
"Pour t'autoproduire ici c'est la croix et la bagnère! En Angleterre, même si c'est marche ou crève, c'est plus faciles pour eux".
Et le DJ ne s'arrête pas là lorsqu'il s'agit de refaire le portrait de notre dame la France: "Elle apprend aux frères qui sont restés au pays "Nos ancêtres les Gaulois",
et omet de dire que s'il ne reste qu'une dizaine de nos ancêtres caribéens sur chaque île, c'est parceque les autres ont été exterminés...
C'est quand même fou que dans l'histoire de notre pays on ne parle pas d'esclavage!"
Un regard critique et conscient qui le mène à une certaine spiritualité au quotidien:
"Jah c'est toi et ce que tu en fais. Les préceptes de Marcus Garvey sont forts et importants à mes yeux. L'important est ce que tu donnes aux gens, et ce que tu reçois.
Par contre, je reste persuadé que les religions sont la pire drogue qui existe. Cela asservit les peuples".
Et c'est dans la lignée de cette théorie que Dread I aborde la musique.
Amoureux du reggae, il a cependant parfois été déçu de l'évolution de cette scène dans l'hexagone: " Je fais parti de ceux pour qui le reggae n'est pas une musique... c'est avant tout un message.
Je ne jouerai pas pour parler des "battyman" et des "lesbian"; mon combat n'est pas là. D'ailleurs, tous les 45 de reggae que j'ai sont « conscients »".
Au service du son et de la bonne vibe, il déplore la tournure que prennent certains sounds. "Le style ça sert à rien. Fais du style quand t'es reconnu et quand t'es au top! »
Côté Clashs, c'est cynique qu'il observe : « Si les Anglais se clashaient aussi violemment que le font les Français, vu comme Birmingham fourmille de gangsters, il y aurait des morts!".
La formule I Licious est toute autre. La tête plongée dans ses bacs, le selecteur n'est pas en représentation lorsqu'il fait bouger les massives: "Je joue c'est tout.
La seule chose à laquelle je pense c'est au prochain disque". Fidèle à ses convictions, Dread I pense que prime "la spontanéité":
"Les Finals scratchs me gênent. Ils croient que c'est parcequ'ils passent des morceaux que tout le monde connaît et qu'ils pompent sur internet, que ce sont des bons DJ. Ben non! Un bon DJ c'est celui qui fouille et qui produit".
C'est sur ces confessions que l'on laissera repartir celui pour qui « jouer est un instinct ».

dread i licious


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